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Les mystères et anecdotes de l’Hôtel Les Trois Luppars

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Découvrez les secrets bien gardés du plus ancien bâtiment civil d’Arras

Un lieu d’hébergement… et d’histoires extraordinaires

Séjourner à l’Hôtel Les Trois Luppars, c’est bien plus que passer la nuit dans un hôtel 3 étoiles en plein cœur d’Arras. C’est plonger dans plus de 550 ans d’histoire locale, entre légendes, anecdotes insolites, héritage architectural et transformation sociale. Situé sur la majestueuse Grand’Place, ce bâtiment est aujourd’hui reconnu comme le plus ancien édifice civil encore debout dans la ville.

Classé monument historique en 1920, il incarne à la fois la beauté de l’architecture gothique flamande et la mémoire vivante d’un quartier emblématique d’Artois. Rénové entièrement en 2025, il conjugue aujourd’hui confort moderne et charme d’antan. Mais derrière ses murs de briques rouges, ses ogives gothiques et ses sculptures anciennes, se cachent bien des histoires… parfois méconnues, souvent étonnantes.

 

Le mystère des trois « luppars » : entre symboles et légende

Dès l’arrivée, un détail interpelle les curieux : les trois animaux sculptés sur la façade principale. Ces félins stylisés, entre lions et léopards, ont donné leur nom à l’établissement. Le terme « luppars » serait une ancienne déformation du mot « léopards », utilisée dans la langue populaire médiévale. Ces bas-reliefs, visibles depuis la rue, témoignent du rang social élevé des premiers propriétaires.

Mais une vieille légende locale raconte une autre histoire : ces trois félins seraient des gardiens mystiques, veillant sur l’hôtel depuis plus de cinq siècles. Selon certaines croyances, leur présence protégerait le bâtiment des incendies, des conflits, et même des épidémies. Véritable porte-bonheur sculpté dans la pierre, ils font partie intégrante de l’identité du lieu.

 

Une échauguette pour séduire, pas pour défendre

En levant les yeux, un élément architectural intrigue souvent les visiteurs : une tourelle en encorbellement, suspendue sur un coin de la façade. Ce petit édicule, appelé « échauguette », ressemble à un poste d’observation militaire. Pourtant, il ne servait à rien de stratégique.

Au XVe siècle, ce type de tourelle servait uniquement à signaler la richesse et le prestige du propriétaire. Elle n’avait ni fonction défensive, ni utilité domestique. Une véritable coquetterie architecturale ! C’est l’un des nombreux signes que la maison appartenait à une famille noble, soucieuse d’affirmer son rang sur la Grand’Place d’Arras.

 

Un hôtel… mais pas seulement : une maison de tolérance au XIXe siècle

L’un des secrets les plus inattendus du bâtiment remonte au XIXe siècle. Durant cette période, l’hôtel connut une transformation étonnante : il fut reconverti en « maison de tolérance », terme utilisé à l’époque pour désigner les maisons closes légales, surveillées et réglementées.

Située en centre-ville, la bâtisse offrait alors un cadre discret et « convenable » pour une clientèle bourgeoise. Ce passé sulfureux, rarement évoqué, fait partie intégrante de l’histoire du lieu. Il rappelle à quel point les bâtiments peuvent changer de fonction au fil du temps, tout en conservant leur charme.